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Guillaume Apollinaire

Qui est Apollinaire ? Un grand poète (1880-1918)

Apollinaire – de son vrai nom, Wilhelm Apollinaris Kostrowitzky – naît à Rome en 1880, d’un père italien et d’une mère française d’origine balte.

Après une jeunesse aussi cultivée que cosmopolite, il s’essaie à toutes sortes de métiers, et publie ses premiers textes en 1902, l’année même où un poste de précepteur lui vaut de découvrir la Rhénanie et d’éprouver une passion malheureuse pour une jeune gouvernante anglaise, Annie Playden : deux sources nouvelles d’inspiration, pour Rhénanes et La Chanson du Mal - Aimé  dans le recueil Alcools, qui sera publié en 1913.

Établi à Paris en 1907, il s’impose, par sa culture et ses écrits, comme une figure de l’avant-garde artistique ; et il rencontre le peintre Marie Laurencin, avec laquelle il vivra jusqu’en 1912, et qui lui inspirera ses plus beaux poèmes de « fin d’amour dans Alcools : Marie, Le Pont Mirabeau, Zone.

Puis il s’engage dans la Grande Guerre. Blessé à la tête, c’est par l’épidémie de grippe espagnole qu’il est emporté en 1918, alors qu’il vient d’épouser Jacqueline Kolb, la « jolie rousse » de ses Calligrammes.

Ce qui rend sa poésie envoûtante, c’est le sentiment, qu’elle donne sans cesse, d’une puissance en péril, d’un pouvoir prêt à s’effondrer. C’est là son pathétique propre :

Mais riez riez de moi
Hommes de partout surtout gens d’ici
Car il y a tant de choses que je n’ose vous dire
Tant de choses que vous ne me laisseriez pas dire
Ayez pitié de moi

(La Jolie Rousse, in La Tête étoilée, in Calligrammes)


Apollinaire annonce, à bien des égards, le surréalisme, en particulier par un certain goût de la provocation. Mais, en dépit de certaines apparences qui lui valurent de son vivant une réputation de joyeux drille et de farceur, cette quête perpétuelle de la nouveauté, qui fit d’Apollinaire une figure majeure de l’avant-garde, n’était pour lui ni surenchère, ni snobisme :

Je sais d’ancien et de nouveau autant qu’un homme seul pourrait des deux savoir[…]
Soyez indulgents quand vous nous comparez
A ceux qui furent la perfection de l’ordre
Nous qui quêtons partout l’aventure

(La Jolie Rousse, in La Tête étoilée, in Calligrammes)

 

«  […] pour moi il y avait [en 1915] un homme dont le génie poétique m’éclipsait tous les autres, faisait à tout instant point de mire : c’était Guillaume Apollinaire […] C’était un très grand personnage, en tout cas comme je n’en ai plus vu depuis. Assez hagard, il est vrai. Le lyrisme en personne. »

André BRETON, Entretiens (1913-1952), Gallimard, 1952.

 

Quelques calligrammes…

    

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